À l’occasion de l’exposition « meeting #03 » au lieu Commun (Toulouse), l’équipe de Tazas souhaitait approfondir ses travaux sur la perception de l’invisible (dans la continuité du travail entamé avec la pièce « Aurora ») mais au travers de la manifestation de la radioactivité ambiante. De plus nous souhaitions collaborer avec le Dr. Gordon Mash, compositeur de musique classique contemporaine.

Ce phénomène invisible est omniprésent. Alexandre Suné et Guillaume Beinat positionnent un compteur Geiger (Polonais datant de la Guerre froide) pour détecter les rayonnements Beta et Gamma de la radioactivité ambiante. La quantité de radioactivité détectée anime les appareils muraux où 15 boîtes à musique motorisées diffusent une berceuse en quodlibet (Lullaby Quodlibet *).

La pièce aux murs peints en noir est plongée dans la pénombre. Au sol, un socle plat, sur lequel repose un compteur Geiger militaire Polonais, datant de la Guerre froide, éclairé faiblement par une unique une ampoule, jouant le rôle de veilleuse.

Sur le coté du socle un compteur numérique affiche en temp réel le nombre de particules détectés par le compteur Geiger.

La durée entre deux détections de particules modifie la vitesse de rotation des 15 boites à musiques. ainsi la berceuse en contrepoint accélère et ralentie au rythme de la radioactivité ambiante.

Ainsi, même si la matérialisation de la radioactivité est l’un des « moteurs » de nos préoccupations, elle est le déclencheur d’un phénomène. Ici, la diffusion de la musique orchestrée nous amène à considérer que finalement la gravité est aussi imperceptible que la matière environnante. Une installation brute à la poésie des phénomènes discrets.

* Quodlibet: est une composition musicale combinant différentes mélodies en contrepoint.

13 juillet 2017